GABON

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La rĂ©publique du Gabon a accĂ©dĂ© Ă  la pleine souverainetĂ© nationale le 15 juillet 1960. En 1959, le Gabon Ă©tait devenu État membre de la CommunautĂ© française, dans le cadre de la Constitution de 1958, que la population avait adoptĂ©e lors du rĂ©fĂ©rendum du 28 septembre 1958.

SituĂ© en Afrique Ă©quatoriale, son territoire, qui a une superficie de 268 000 km2 environ, est bordĂ© Ă  l’ouest par l’ocĂ©an Atlantique, au nord par la GuinĂ©e Ă©quatoriale et le Cameroun, Ă  l’est et au sud par la rĂ©publique populaire du Congo.

Le Gabon est un pays typiquement Ă©quatorial, puisque le parallĂšle zĂ©ro le traverse en son milieu. La situation gĂ©ographique a une influence dĂ©terminante sur le climat et l’hydrographie du Gabon. La moyenne nationale de tempĂ©rature annuelle est de 26 0C, et le rĂ©gime de fortes prĂ©cipitations donne un climat chaud et humide. Il existe de nombreux cours d’eau et un grand fleuve, l’OgoouĂ©, qui sont rarement navigables et n’offrent pas de moyens de communication naturels Ă  un pays qui en manque cruellement en raison du caractĂšre tourmentĂ© du relief et de l’importance d’un massif forestier difficilement pĂ©nĂ©trable.

Ce pays est peu peuplĂ©, mĂȘme si le nombre exact de la population n’est pas connu. Les Ă©valuations varient entre 600 000 habitants environ en 1993, selon les chiffres donnĂ©s par l’Annuaire statistique de l’U.N.E.S.C.O. , et 1 300 000 habitants d’aprĂšs les indications du gouvernement gabonais.

Le Gabon possĂšde d’importantes richesses naturelles: bois tropicaux (notamment l’okoumĂ©), pĂ©trole et minerais, tels que le manganĂšse et l’uranium. Il est le pays africain oĂč le revenu par tĂȘte d’habitant est le plus Ă©levĂ©.

Il s’est dotĂ© d’un rĂ©gime politique caractĂ©risĂ© par la prĂ©sence d’un parti unique et par les pouvoirs trĂšs Ă©tendus accordĂ©s au prĂ©sident de la RĂ©publique, qui est actuellement El Hadj Omar Bongo, successeur de LĂ©on M’Ba, qui fut le fondateur de la RĂ©publique.

Des origines mal connues

On a cru longtemps que la grande forĂȘt Ă©quatoriale n’avait pas Ă©tĂ© pĂ©nĂ©trĂ©e. Or, depuis 1960, de nombreuses industries prĂ©historiques ont Ă©tĂ© dĂ©couvertes, Ă  vrai dire surtout dans les savanes (environs de Libreville, savanes de Franceville et de Mouila), mais aussi dans la forĂȘt; l’ampleur de la forĂȘt secondaire semble prouver une occupation ancienne. L’outillage dĂ©couvert comprend surtout des microlithes du PalĂ©olithique supĂ©rieur ainsi que des piĂšces nĂ©olithiques (haches, houes?) et des dĂ©bris de poteries anciennes.

Les traditions orales sont beaucoup plus rĂ©centes et ne permettent guĂšre d’établir une chronologie. Les peuples de l’Ouest (MyĂšnĂš, comprenant les MpongwĂ©, Oroungou, Galoa) semblent installĂ©s depuis trĂšs longtemps; ceux du Sud-Ouest (Pounou notamment) viennent du Congo; ceux du Sud-Est (Nzabi, TĂ©guĂ©) se rattachent aux BatĂ©kĂ© de Brazzaville; ceux du Nord (Kota, KwĂ©lĂ©, Fang) sont venus du nord par vagues successives, Ă  des Ă©poques plus rĂ©centes. La plupart disent avoir Ă©tĂ© guidĂ©s par les PygmĂ©es, qui suivaient eux-mĂȘmes les pistes des Ă©lĂ©phants.

Les archives locales sont trĂšs pauvres et ne remontent guĂšre au-delĂ  du XXe siĂšcle. Dans les archives françaises (Paris et Aix), il existe des documents de l’époque coloniale. Pour les pĂ©riodes antĂ©rieures, les archives anglaises et portugaises offrent quelques renseignements. On en trouvera aussi dans les rĂ©cits des voyageurs des Temps modernes et dans ceux des explorateurs du XIXe siĂšcle.

PremiÚres interventions européennes (1472-1838)

La baie appelĂ©e par les Portugais «GabĂŁo» (caban) a dĂ» ĂȘtre dĂ©couverte par eux aux environs de 1472. La cĂŽte sud fut longĂ©e la mĂȘme annĂ©e jusqu’au cap Sainte-Catherine et la reconnaissance complĂšte eut lieu en 1489. La plupart des noms donnĂ©s aux points de la cĂŽte sont restĂ©s portugais. Mais l’effort des Portugais, qui cependant introduisirent le manioc, porta essentiellement sur les Ăźles voisines (SĂŁo TomĂ© et l’üle du Prince) et sur le Congo.

Aux XVIIe et XVIIIe siĂšcles ainsi qu’au dĂ©but du XIXe, les navires hollandais, français et surtout anglais (Barbot, Bowdich) faisaient escale au Gabon pour s’y procurer de l’ivoire, de l’ébĂšne, des bois de teinture et des esclaves. L’épaisseur de la forĂȘt, le cloisonnement extrĂȘme des tribus et la pauvretĂ© en hommes limitaient ce dernier commerce. NĂ©anmoins, les MpongwĂ© de la baie du Gabon, et surtout les Oroungou du cap Lopez, remontant le bas OgoouĂ© en pirogue, se livraient Ă  ce trafic, ainsi que les habitants de Mayumba. Les esclaves Ă©taient des condamnĂ©s, des sorciers, plus rarement des prisonniers de guerre; ils Ă©taient vendus par l’intermĂ©diaire de diffĂ©rents peuples jusqu’à leur arrivĂ©e Ă  la cĂŽte, oĂč les trafiquants europĂ©ens les enchaĂźnaient en attendant l’embarquement. Les marchandises europĂ©ennes remises en contrepartie (tissus, barres de fer, plateaux de cuivre, quincaillerie, verroterie, vieux habits, fusils Ă  pierre, alcool, tabac) Ă©taient partiellement utilisĂ©es par les tribus courtiĂšres de la cĂŽte, partiellement troquĂ©es par elles, Ă  l’intĂ©rieur du pays, contre de l’ivoire et des esclaves. Il en rĂ©sulta des changements dans la nature des biens de consommation et un renforcement de l’autoritĂ© des chefs, qui, de simples arbitres familiaux, devinrent les maĂźtres du commerce.

La lente invasion des Fang, venus du nord, se situe Ă  la fin de cette pĂ©riode. Ils n’atteignent alors, par de rares villages, que l’arriĂšre-pays de la baie du Gabon. De lĂ , cherchant le contact direct avec les marchands europĂ©ens, ils envahiront bientĂŽt la baie et iront jusqu’à l’OgoouĂ©.

L’occupation française (1838-1900)

En 1838, l’officier de marine français L. E. Bouet-Willaumez nĂ©gociait avec le roi Denis, chef de la rive sud de la baie du Gabon, l’établissement d’un comptoir français. En 1843, un fort fut installĂ© sur la rive nord, dans un emplacement donnĂ© par le roi Louis. Des missionnaires protestants d’origine amĂ©ricaine, puis catholiques d’origine française, divers commerçants europĂ©ens, les esclaves libĂ©rĂ©s de navires nĂ©griers peuplĂšrent l’agglomĂ©ration, composĂ©e surtout de villages mpongwĂ© dissĂ©minĂ©s le long de la cĂŽte; elle prit le nom de Libreville.

Au milieu du XIXe siĂšcle, la traite des Noirs fut bannie de la baie, puis de l’embouchure de l’OgoouĂ©. Le fleuve fut remontĂ© en 1857 par l’officier de marine A. M. A. AymĂšs jusqu’au confluent de la NgouniĂ©. De 1856 Ă  1869, P. Du Chaillu pĂ©nĂ©tra la forĂȘt du Rio Muni et au Fernan-Vaz, parvenant mĂȘme au cƓur du massif central. Mais c’est par l’OgoouĂ© que se poursuivit la dĂ©couverte. Le commerçant R. B. N. Walker atteignit LopĂ© en 1871, les explorateurs A. Marche et L. CompiĂšgne le confluent de l’Ivindo en 1874. Les commerçants europĂ©ens fondaient LambarĂ©nĂ©. Au-delĂ , les biefs successifs Ă©taient le domaine des piroguiers okandĂ©, puis adouma.

De 1875 Ă  1878, Pierre Savorgnan de Brazza remonta le fleuve aussi loin que celui-ci Ă©tait navigable, puis passa dans le bassin du Congo oĂč il devait, en 1880, Ă©tablir l’influence française. Libreville devint, en 1888, la capitale du Congo français, dont Brazza Ă©tait commissaire gĂ©nĂ©ral. Tout le pays Ă©tait passĂ© pacifiquement sous le contrĂŽle français, sauf le Nord-Est oĂč se dĂ©roulĂšrent quelque temps des opĂ©rations de guĂ©rilla.

L’occupation française, bien que limitĂ©e Ă  quelques postes, avait fait cesser le cloisonnement des tribus. Celles de la cĂŽte, MpongwĂ© et Oroungou, qui avaient pris des habitudes europĂ©ennes, avaient perdu leur monopole d’intermĂ©diaire. Les Fang poursuivaient leur avance, et les tribus pillardes (AkĂ©lĂ©) avaient dĂ» se sĂ©dentariser. Le commerce Ă©tait surtout aux mains des Anglais et des Allemands. Les missions chrĂ©tiennes essaimaient dans l’intĂ©rieur. En 1899, tout le territoire de la contrĂ©e, sauf la cĂŽte, fut divisĂ© entre les grandes sociĂ©tĂ©s concessionnaires chargĂ©es de la mise en valeur du pays.

La colonisation et l’indĂ©pendance

En 1904, le chef-lieu du Congo français fut transfĂ©rĂ© Ă  Brazzaville. Le Gabon devint une des colonies de l’ensemble qui, en 1910, reçut le nom d’Afrique-Équatoriale française.

Les sociĂ©tĂ©s concessionnaires n’ayant fait qu’exploiter leurs territoires se les virent retirer en 1911. La mĂȘme annĂ©e, le Gabon fut amputĂ© de son extrĂȘme nord (Woleu-Ntem) cĂ©dĂ© au Cameroun allemand. Les Français reprirent cette rĂ©gion au cours de la PremiĂšre Guerre mondiale. Le commerce de l’ivoire, des bois prĂ©cieux et du caoutchouc dĂ©clinait, mais les exportations d’okoumĂ©, bois de dĂ©roulage dĂ©couvert par le gouverneur de Chavannes dĂšs 1889, augmentĂšrent. Elles atteignirent 134 000 tonnes en 1913, et 400 000 en 1937. Les chantiers forestiers, surtout denses dans la rĂ©gion cĂŽtiĂšre, attirĂšrent la main-d’Ɠuvre de l’intĂ©rieur, qui se dĂ©peupla.

Au Gabon, la Seconde Guerre mondiale commença par un conflit entre vichystes et gaullistes; ceux-ci, avec le concours des troupes du Congo, triomphĂšrent. Dans les armĂ©es de l’Union française (1946-1958), deux personnalitĂ©s politiques locales s’affirmĂšrent: Aubame, dĂ©putĂ© au Parlement français, et LĂ©on M’Ba, maire de Libreville. Ce dernier l’emporta lorsque furent crĂ©Ă©s des exĂ©cutifs locaux et devint, en 1961, prĂ©sident de la RĂ©publique gabonaise crĂ©Ă©e en 1958 dans le cadre de la CommunautĂ© et devenue indĂ©pendante en 1960. Mort en 1967, il a Ă©tĂ© remplacĂ© par Albert Bongo (Ă  sa conversion Ă  l’islam, celui-ci devient El Hadj Omar Bongo). Une tentative de coup d’État militaire, en 1964, fut dĂ©jouĂ©e avec l’aide des troupes françaises.

La population

Le Gabon est un pays faiblement peuplĂ© et ce caractĂšre marque fortement sa situation Ă©conomique et sociale. Le peuplement est certainement trĂšs ancien, puisqu’il remonte Ă  la prĂ©histoire. Les premiers habitants du pays ont occupĂ© une partie du territoire en s’infiltrant en provenance du bassin du Congo par les vallĂ©es de l’OgoouĂ© et de la Nyanga et venant de ce qui est aujourd’hui le Cameroun. Puis ce fut la vague des PygmĂ©es originaires d’Afrique centrale, poussĂ©s par les populations bantoues. Ces migrations successives ont chacune laissĂ© des traces, mais l’essentiel de la population est d’origine bantoue. Elle se partage le territoire avec les Fang, qui sont arrivĂ©s au XIXe siĂšcle et se sont installĂ©s principalement dans le sud-ouest du pays. La population gabonaise est composĂ©e d’une soixantaine de groupes ethniques, qui ont longtemps entretenu des traditions diffĂ©rentes et des oppositions rĂ©ciproques, que le gouvernement s’efforce d’intĂ©grer pour former une nation au sens moderne du terme.

La faiblesse numĂ©rique de la population est un fait important. À la veille de l’indĂ©pendance, le nombre des habitants variait entre 450 000 et 630 000 suivant les sources utilisĂ©es. L’Annuaire statistique de l’U.N.E.S.C.O. , dans son Ă©dition de 1980, donnait un chiffre de 500 000 habitants en 1970 qui fait estimer Ă  553 000 le nombre des habitants en 1981, compte tenu d’un taux d’accroissement de 9,2 p. 1 000 par an. En 1981, le gouvernement a donnĂ© le chiffre officiel de la population gabonaise, trĂšs nettement supĂ©rieur Ă  ces estimations puisqu’il est de 1 232 000 habitants, dont 122 000 vivant hors du territoire national. Ce chiffre est officiel, mais il est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ© comme peu crĂ©dible car le faible peuplement est un grave problĂšme politique et le gouvernement pourrait avoir intĂ©rĂȘt Ă  surĂ©valuer la population. En effet, le Gabon souffre d’ĂȘtre insuffisamment peuplĂ© pour deux raisons principales: la premiĂšre est que l’existence d’une zone oĂč la population est peu nombreuse exerce une attraction sur les pays africains voisins qui sont plus peuplĂ©s et disposent de moins de ressources que le Gabon; la seconde est que la puissance des États se mesure partiellement par rĂ©fĂ©rence Ă  la quantitĂ© de population et qu’un chiffre trop bas ternirait l’image internationale du pays.

Cette population est inĂ©galement rĂ©partie. Les agglomĂ©rations principales, comme Libreville et Port-Gentil, des zones comme celles de Franceville et du Woleu N’Tem rassemblent l’essentiel de la population et des rĂ©gions entiĂšres, comme celles des monts de Cristal ou des marĂ©cages du delta de l’OgoouĂ©, sont vides d’hommes. Ces dĂ©sĂ©quilibres crĂ©ent de graves insuffisances Ă©conomiques car de larges zones sont inexploitĂ©es faute d’une population suffisante pour les habiter.

La situation dĂ©mographique du Gabon explique que ce pays soit un lieu qui attire les Ă©migrants. Il accueille plusieurs dizaines de milliers d’étrangers qui travaillent dans le pays. C’est le cas des Français qui, avec un nombre de 18 000, sont plus nombreux qu’ils l’étaient avant l’indĂ©pendance et aussi d’Africains, principalement originaires de la GuinĂ©e Ă©quatoriale, les plus nombreux, du Cameroun, du Congo, du Mali, du BĂ©nin, du Burkina Faso, du Nigeria et du SĂ©nĂ©gal. Pendant longtemps, le Gabon a accueilli des travailleurs qui venaient pour satisfaire les besoins d’une Ă©conomie en dĂ©veloppement et remplir des emplois de cadres que les nationaux ne pouvaient occuper. Cette attitude Ă©tait renforcĂ©e par l’existence de grandes ressources dans le pays et une expansion rapide. La situation a Ă©voluĂ© sous l’effet de plusieurs facteurs: la crise en Europe a fait baisser la demande de matiĂšres premiĂšres fournies par le Gabon; le gouvernement s’est Ă©mu de voir trop de postes importants occupĂ©s par des Ă©trangers et les progrĂšs de l’enseignement de tous niveaux ont permis de confier Ă  des Gabonais de plus en plus de postes que dĂ©tenaient naguĂšre des Ă©trangers.

L’économie gabonaise

L’économie gabonaise est marquĂ©e par l’existence d’importantes ressources naturelles, une agriculture qui ne satisfait pas les besoins du pays et un effort pour rĂ©aliser quelques opĂ©rations d’industrie lourde et les conditions d’implantation d’une industrie lĂ©gĂšre adaptĂ©e au pays.

Le secteur primaire est dominant et il prĂ©sente l’avantage, par rapport Ă  d’autres pays fournisseurs de matiĂšres premiĂšres, d’ĂȘtre relativement diversifiĂ©.

Le pĂ©trole est la principale ressource du pays. Des gisements de pĂ©trole considĂ©rables se trouvent sur la terre ferme ainsi que sur le plateau continental. La production off shore reprĂ©sente 80 p. 100 de la totalitĂ© du tonnage produit. Au cours des annĂ©es, la production a connu un mouvement en dents de scie. En 1957, elle s’élevait Ă  176 000 tonnes; elle atteignit 11,325 millions de tonnes en 1976 pour tomber aux environs de 8,626 millions en 1985 et remonter Ă  14 900 millions en 1991. Cette Ă©volution peut ĂȘtre expliquĂ©e par le moindre rendement des forages en mer qui sont gĂ©nĂ©ralement de taille modeste, le dĂ©clin de certains champs de production et les obstacles rencontrĂ©s pour effectuer une prospection dans des rĂ©gions difficiles. Le Gabon se situe au quatriĂšme rang des producteurs africains. Le pĂ©trole est exportĂ© en grande quantitĂ© vers les États-Unis (3,133 millions de tonnes en 1984), la France et l’Espagne (entre 1 et 1,2 million de tonnes), le Chili et TaĂŻwan. Les quantitĂ©s produites sont exportĂ©es Ă  raison de 90 p. 100, le reste Ă©tant raffinĂ© sur place pour la consommation locale et quelques exportations. En 1985, le produit des ventes pĂ©troliĂšres a Ă©tĂ© de 397,8 milliards de francs C.F.A., mais la baisse de la demande, celle des prix et la chute du dollar ont nettement affaibli les rĂ©sultats obtenus au cours des annĂ©es rĂ©centes. La production du pĂ©trole est dominĂ©e par les compagnies Elf Gabon (filiale d’Elf Aquitaine), qui est la principale avec une participation de l’État gabonais de 25 p. 100, Shell Gabon et la SociĂ©tĂ© nationale Elf Aquitaine.

Le Gabon dispose d’autres ressources minĂ©rales, parmi lesquelles le manganĂšse et l’uranium occupent la place la plus importante. Le Gabon a des gisements considĂ©rables de manganĂšse, notamment Ă  BagombĂ©. La production a connu une Ă©volution heurtĂ©e: en 1979, la production de manganĂšse mĂ©tallurgique Ă©tait de 2,188 millions de tonnes pour tomber Ă  1,368 million de tonnes en 1981 puis remonter Ă  2,1 millions de tonnes en 1985 et 2,25 millions de tonnes en 1988. Avec ces quantitĂ©s produites, le Gabon se situait en 1985 au troisiĂšme rang mondial derriĂšre l’Union soviĂ©tique et l’Afrique du Sud et il dispose de 25 p. 100 des rĂ©serves mondiales.

L’éloignement des lieux d’extraction de la mer crĂ©e des difficultĂ©s d’acheminement. Pour Ă©vacuer le minerai, un tĂ©lĂ©phĂ©rique, qui est le plus long (76 km) et le plus rapide du monde, a Ă©tĂ© construit entre Moanda et la frontiĂšre du Congo ainsi qu’une ligne de chemin de fer de 285 kilomĂštres qui se raccorde au Congo-OcĂ©an et arrive enfin au port aprĂšs 200 kilomĂštres de transport sur cette ligne. La construction du Transgabonais jusqu’à Franceville offre une nouvelle possibilitĂ© d’évacuation du minerai mais la sociĂ©tĂ© productrice est liĂ©e jusqu’à l’an 2000 avec le Congo-OcĂ©an pour l’exportation des quantitĂ©s produites; un arrangement sera sans doute cherchĂ© pour valoriser l’investissement fait pour la construction de cette nouvelle ligne de chemin de fer et l’amĂ©nagement du port d’Owendo.

L’uranium constitue Ă©galement une ressource importante. Les premiers gisements ont Ă©tĂ© trouvĂ©s Ă  Mounana et ont Ă©tĂ© suivis par d’autres dĂ©couvertes prometteuses mais dans des rĂ©gions Ă©loignĂ©es et, par consĂ©quent, difficiles Ă  exploiter. Le Gabon est le sixiĂšme producteur mondial d’uranium avec 932 tonnes en 1985. La production a fluctuĂ© au cours des annĂ©es, de 500 tonnes en 1972 Ă  1 100 tonnes en 1982 et 850 tonnes en 1988. Les exportations de minerai ont rapportĂ© 27 059 milliards de francs C.F.A. en 1985, dans un marchĂ© peu actif en raison d’une demande faible. NĂ©anmoins, le Gabon a, pour l’essentiel, maintenu le niveau de ses exportations en raison de ses relations privilĂ©giĂ©es avec la Cogema française et ses clients belges, italiens et espagnols. Il dispose de rĂ©serves considĂ©rables, de l’ordre de 35 Ă  40 millions de tonnes. L’arrivĂ©e du Transgabonais Ă  Franceville a modifiĂ© favorablement les conditions de l’exportation du minerai produit. Le Gabon dispose encore de richesses potentielles considĂ©rables, notamment en fer, mais leur exploitation se heurte au problĂšme de l’évacuation. Elle sera possible lorsque une branche du Transgabonais sera construite en direction de BĂ©linga. C’est une tĂąche considĂ©rable qui ne pourra ĂȘtre rĂ©alisĂ©e qu’avec un long dĂ©lai.

La forĂȘt constitue une autre source de richesse trĂšs importante pour le Gabon. Elle couvre 80 p. 100 de la superficie du pays et renferme des essences, telles que l’okoumĂ©, le sapelli ou l’ozigo, qui sont trĂšs recherchĂ©es. Le potentiel exploitable est Ă©valuĂ© aux environs de 300 millions de mĂštres cubes, dont prĂšs d’un tiers est constituĂ© par l’okoumĂ©, utilisĂ© notamment pour la fabrication de placages et de contre-plaquĂ©s. Les ressources en bois ont Ă©tĂ© trĂšs fortement exploitĂ©es et on a considĂ©rĂ© un moment qu’elles constituaient l’unique richesse de l’économie gabonaise; en 1957, le bois reprĂ©sentait 87 p. 100 des exportations totales. Depuis lors, la part du bois a diminuĂ© mais elle reste importante. La production a Ă©tĂ© de 1,430 million de tonnes en 1985 dont 1,218 million de tonnes ont Ă©tĂ© exportĂ©es pour une valeur de 50,6 milliards de francs C.F.A. La forĂȘt a fait l’objet d’une exploitation intensive qui a dangereusement affaibli le massif. Aujourd’hui, des efforts sont faits pour reboiser et rĂ©glementer sĂ©vĂšrement l’exploitation.

L’agriculture gabonaise est insuffisante. Elle occupe prĂšs de la moitiĂ© de la population, alors que les terres cultivables ne reprĂ©sentent que 0,5 p. 100 de la superficie du pays. À cĂŽtĂ© des cultures vivriĂšres autoconsommĂ©es, qui ne couvrent pas et de loin les besoins de la population, il existe quelques cultures industrielles en dĂ©clin. C’est le cas du cafĂ©, dont 500 tonnes ont Ă©tĂ© produites en 1985-1986 contre 1 851 tonnes en 1981-1982, du cacao avec 1 600 tonnes en 1985-1986 qui reprĂ©sentent la moitiĂ© de la rĂ©colte faite quatre ans plus tĂŽt. Par contre, la culture du palmier Ă  huile progresse nettement. La crise de l’agriculture gabonaise s’explique par le dĂ©sintĂ©rĂȘt des populations qui trouvent des activitĂ©s plus rĂ©munĂ©ratrices et par l’afflux de ressources liĂ©es au pĂ©trole et aux autres productions primaires. Un effort de relance de l’agriculture a Ă©tĂ© entrepris, mais il donne des rĂ©sultats faibles.

L’industrie gabonaise est encore trĂšs peu dĂ©veloppĂ©e. Elle est principalement constituĂ©e par trois pĂŽles actifs: un petit nombre d’industries de transformation qui satisfont moins de 10 p. 100 de la demande; des raffineries, qui travaillent l’une pour l’exportation et l’autre pour le marchĂ© intĂ©rieur; et des industries pĂ©trochimiques. L’ensemble du secteur est en difficultĂ© du fait de l’atonie du marchĂ© pĂ©trolier.

La situation de l’économie gabonaise est contrastĂ©e. Elle a connu une pĂ©riode d’euphorie au moment de la forte demande pĂ©troliĂšre puis s’est affaiblie lorsque le marchĂ© s’est essoufflĂ©. ConfrontĂ© Ă  une brusque et trĂšs importante arrivĂ©e de ressources, l’effort de production a baissĂ© et de grands travaux ont Ă©tĂ© lancĂ©s dont la construction du Transgabonais, chantier gigantesque qui permet le dĂ©senclavement du pays et l’exploitation des ressources miniĂšres. Ces travaux se sont faits au prix d’emprunts qui ont gravement obĂ©rĂ© les finances gabonaises. Un effort a Ă©tĂ© accompli Ă  la fin de 1980 qui a portĂ© des fruits et le Gabon a pu renĂ©gocier les considĂ©rables emprunts qu’il avait faits. NĂ©anmoins, l’économie est en danger Ă  moyen terme en raison de sa trop grande dĂ©pendance du secteur primaire.

Les institutions et la vie politique

Lorsqu’il a accĂ©dĂ© Ă  l’indĂ©pendance dans le cadre de la CommunautĂ© française, en 1959, le Gabon s’est dotĂ© d’institutions constitutionnelles comparables Ă  celles des autres États membres de la CommunautĂ©, c’est-Ă -dire inspirĂ©es par la Constitution française de 1958. Des nĂ©gociations entre la France et le Gabon permirent l’acquisition de la pleine souverainetĂ© internationale le 15 juillet 1960. Il fallait adopter une Constitution qui fĂ»t en rapport avec la nouvelle situation. Celle du 21 fĂ©vrier 1961 Ă©tablit un rĂ©gime prĂ©sidentiel Ă  la place de l’ancien rĂ©gime parlementaire. Elle mit en place un prĂ©sident de la RĂ©publique Ă©lu pour sept ans au suffrage universel direct, assistĂ© d’un vice-prĂ©sident, et une AssemblĂ©e nationale composĂ©e de dĂ©putĂ©s Ă©lus au suffrage universel direct. Une nouvelle Constitution fut promulguĂ©e le 25 mai 1975 et modifiĂ©e le 8 mars 1979, le 22 aoĂ»t 1981, le 4 mars 1983 et le 25 septembre 1986. Elle maintient la forme du rĂ©gime prĂ©sidentiel avec une forte prĂ©pondĂ©rance donnĂ©e au prĂ©sident de la RĂ©publique, Ă©lu pour sept ans au suffrage universel direct, sur les autres organes et notamment l’AssemblĂ©e nationale. L’existence d’un parti unique, le Parti dĂ©mocratique gabonais (P.D.G.), marque profondĂ©ment la vie politique gabonaise et le fonctionnement des institutions constitutionnelles.

Les annĂ©es qui ont prĂ©cĂ©dĂ© l’indĂ©pendance furent marquĂ©es par la compĂ©tition des deux formations politiques: le Bloc dĂ©mocratique gabonais (B.D.G.), dont le chef Ă©tait LĂ©on M’Ba, et l’Union dĂ©mocratique et sociale (U.D.S.) de Jean-Marie Aubame. Cette situation dura jusqu’aux Ă©lections lĂ©gislatives de 1964 qui virent la victoire du B.D.G. sans que l’U.D.S. fĂ»t totalement dĂ©faite. Le putsch de 1964, auquel l’intervention de l’armĂ©e française mit fin, fut imputĂ© Ă  J.-M. Aubame. Il fut Ă©cartĂ© de la vie politique, et le Gabon s’orienta, Ă  l’image de la plupart des autres États africains francophones, vers un parti unique de fait qui fut institutionnalisĂ© en 1968. Le Parti dĂ©mocratique gabonais (P.D.G.) est le rĂ©sultat de la fusion de toutes les forces politiques.

Le Parti dĂ©mocratique gabonais, dont le prĂ©sident fondateur est l’actuel prĂ©sident de la RĂ©publique, El Hadj Omar Bongo, est Ă©tabli par la Constitution comme le parti unique officiel. Il «assure la participation des Ă©lecteurs Ă  tous les suffrages. Il est le garant de l’unitĂ© nationale et Ɠuvre pour la promotion Ă©conomique et sociale du pays. Il Ă©tablit la liaison nĂ©cessaire entre le gouvernement et le peuple gabonais» (art. 11 de la Constitution). Tous les Gabonais sont membres du P.D.G. et les cotisations sont automatiquement prĂ©levĂ©es sur les traitements et salaires. Le P.D.G. joue un rĂŽle fondamental dans la vie politique. Nul ne peut se voir investi d’un mandat Ă©lectif s’il n’est membre du parti, et ses organes (congrĂšs, bureau politique et prĂ©sident) dominent toute l’activitĂ© politique et administrative.

Le prĂ©sident de la RĂ©publique dispose de pouvoirs trĂšs Ă©tendus qui sont encore renforcĂ©s par sa qualitĂ© de prĂ©sident du P.D.G., et il n’y a pas de vĂ©ritable contrepoids Ă  son omnipotence.

Le Gabon a adoptĂ© une politique Ă©conomique libĂ©rale et Ă©tabli des relations intenses avec les États occidentaux, et tout particuliĂšrement avec la France. Il s’est ouvert aux investissements Ă©trangers attirĂ©s par l’importance des ressources naturelles existantes. Ce pays fait figure de privilĂ©giĂ© parmi les États africains en raison de ses nombreuses richesses connues et potentielles. Il a connu des difficultĂ©s causĂ©es par une politique de gaspillage et par la crise mondiale, mais semble ĂȘtre en mesure de les surmonter. NĂ©anmoins, sa situation est fragile, Ă©tant donnĂ©, d’une part, le caractĂšre Ă©puisable des ressources sur lesquelles se fonde sa prospĂ©ritĂ© actuelle et, d’autre part, le problĂšme posĂ© par le sous-peuplement et le grand nombre d’étrangers qui font marcher son Ă©conomie.

Gabon
(le) estuaire d'Afrique occid., débouché de plusieurs riv. Il a donné son nom à la rép. du Gabon. Sur sa rive droite se situe Libreville.
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Gabon
(république du) état d'Afrique équatoriale. V. carte et dossier, p. 1447.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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  • GĂ bƍn — m 〈G GabĂłnaâŒȘ geogr. drĆŸava na Z obali Afrike, glavni grad Libreville 
   Veliki rječnik hrvatskoga jezika

  • Gabon — GĂ bƍn m <G GabĂłna> DEFINICIJA geogr. drĆŸava na Z obali Afrike, 267.667 km2, 1.219.000 stan., glavni grad Libreville 
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  • Gabon — [ga bƍnâ€Č] country in WC Africa, on the Gulf of Guinea: formerly a French territory, it became independent in 1960: 103,347 sq mi (267,667 sq km); pop. 1,012,000; cap. Libreville Gabonese [gab΄ə nēzâ€Č] adj., n. pl. Gabonese 
   English World dictionary

  • Gabon — For other uses, see Gabon (disambiguation). Gabonese Republic RĂ©publique Gabonaise 
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